6 nov. 2007

coup de sang

de strige son message
se glisse en mon corsage
comme une bise froide
et je le revois à genoux
priant comme un enfant
pas sage un baigneur fou
mon humeur vagabonde
file entre ses doigts
tisse les rivages
où nous nous rejoignons

quand les illusions sont veines

alors on se surprend à les aimer
pour ce qu'elles alimentent
un corps de sédiments ressuscité

traduction

quand il devient inutile
ne serait que d'envisager de traduire
ce qui ne peut être recrépi par les mots

correction

quand il n'a pas des travaux universitaires
à satisfaire ou encore des corrections
voilà qu'il écrit des oraisons
tant que ce n'est pas la sienne!
sa belle façon de me faire savoir
qu'il est un homme
très vénérablement occupé
et que je mérite une correction
pour ainsi l'avoir distrait
de pacotilles mes terribles illusions

pedibus

il faut encourager les enfants à aller
à l'école à pieds avec leurs parents
m'assure l'écologiste comme mon grand père
faire les choses à l'envers
et le chemin à l'endroit

remariages

ce qui l'a le plus émue dans sa fonction d'élue
ce sont les mariages me dit-elle
et plus encore les remariages

on est au moins deux

à partager le même avis sur Zelda
le prix Goncourt et moi
ce choix me fait plaisir

qualificatifs

les infirmières sont bulgares
les hôtesses de l'air espagnoles
les journalistes français
les enfants tchadiens
les rebelles kurdes
la catastrophe mexicaine
le président américain
la monnaie européenne
le Goncourt inconnu

matin de porcelaine

où j'indochine les couleurs
je pasteurise les odeurs
et je tue une mouche

5 nov. 2007

comme un globe

mais sans la neige, on se serait cru sous un globe
dans un univers lisse, un décor plat, pas un seul
nuage à l'horizon, uniforme bulle bleue et claire
étirée comme une voûte nubienne transparente

puis en revenant par la forêt de bambous
des feuilles d'or accrochées dans les maigres taillis
pas d'autre bruit que celui de nos pas qui froissent
le fin ruisseau de l'automne naufragé sous nos pieds

plus loin le fleuve avait pris ses allures de Chine
comme sur une peinture faisant corps avec le tableau
immobile la nature l'était autant que nous qui marchions
sans hâte de rattraper nos ombres géantes stagnantes

étoffe

dès que le vent fait frissonner
les chats et chien mettent leur manteau d'hiver
tout comme les humains

derrière les oliviers

matin qui chante

les chats et le chien de la maison se lèvent plus tard,
dans ma caisse de résonance et sous ma carapace de tortue
les sons les plus graves sonnent le bourdon
la chanterelle tire sur les aigus les plus nauséeux
par la fontanelle je respire mal
lyre entre les lignes m'est parfois douloureux

4 nov. 2007

mer-soleil-sable

je m'en fus voir la mer
scintiller et m'enquérir du lieu
où se trouve la beauté

j'avais le coeur léger
à tel point qu'au PMU je fis
comme on va à la messe
une visite et un tiercé
gagnant dans le désordre

il m'aurait fallu jouer
soleil-mer-sable
pour toucher le ciel

escobarderie

miroir

me parleras-tu un jour
de l'impossibilité de se voir
mon amour

mes hommes


ces grands romantiques de mes travaux publics

traquer

traquer les instants qui meurent
dont celui où l'amant ment
par exemple

matin réflexion profonde

Sagan, Bardot, Duras
trois femmes qui ont changé le temps
en vitesse et en profondeur

3 nov. 2007

centre

tant

de choses dans ma tête
se bousculent et m'enivrent
dont j'aimerais que l'on me délivre

c'est comme espérer un train
qui n'arrive jamais

alors comment se défaire de l'attente
si ce n'est attendre la défaite

une mouche se lisse les pattes
puis s'envole

des cendres sont précipitées
dans la poubelle
qu'il faut que je descende

jouer aux échecs c'est tuer

reconstruire

matin mouche

mon nez douche froide feu dans la cheminée
matin trois pommes dans mon panier
Dafalgan-OCB-Drum tiercé perdant
matin prédateurs dans les champs
matin de vent mordant
comme le chien de la voisine
poil hérissé à mes pieds des bottines
matin où j'usine le temps à rattraper
sans y parvenir

2 nov. 2007

Amy Winehouse, à la tienne!



vécu

les voiles de la nuit
sont plus faciles à soulever
que les draps du jour

Irene,

l'orchidée que je lui avais offerte
a perdu sa dernière fleur
mauvais augure?

Claire,

la femme sans tête
suspendue à un fil par une sonde
pourrait-elle renaître de ses cendres?

Monsieur Miroir

en rentrant des bords du Rhône
et ses innombrables scintillements je croise à cheval
Monsieur Miroir dans lequel je ne me reconnais pas

la belle famille

Zelda

à bien y réfléchir c'est ce personnage
que j'ai voulu reconstruire avec Steitner
la Zelda de Scott, la muse, celle qui transporte
son esprit dans la main de l'autre
et sans laquelle il n'y aurait pas le moindre
écrivain

Annie D,

qu'y a-t-il de si important pour m'écrire
avant de partir dans le Vercors
oui je sais, les enfants, surtout le grand
le mari dont on parlera au retour

le vent s'est levé

Maryline,

je l'adore, elle a un coeur en or
et fut comme on dit par ici une collègue,
plutôt qu'une amie, bien espiègle
Maryline dont je n'ai jamais su où se situe
le i par rapport au y, Marilyne si tu préfères
m'envoie ce matin des bouteilles de veuve,
Cliquot, je précise, d'une manière indécise
Maryline, Marie Ligne, ma chère copine
mon contraire absolu, rejoindrais-tu James Bond?

plume

et toi qui hésites entre le marteau et l'enclume
toi qui ne veux pas de la vérité
mais qui la cherches
toi qui la fuis comme un voleur de poules
que trouves-tu dans tes non-réponses
la plume?

bailler

le grand calme d'un matin frais

et les idées aussi claires que le ciel
pas un souffle de vent, juste le crépitement
de mes doigts sur le clavier
la voisine dort, son chien aussi
mon chat a épousé mon lit

l'Américain est parti à Nice faire
son Fitzgerald comme il dit
je ne l'ai pas suivi, j'avais trop peur
de rencontrer Lucile Steitner sur les hauteurs
laissons les morts à leurs cendres

James Bond me rappelle
qu'il est brillant, il ne manque pas d'air
il est dans l'air du temps, gling-gling au poignet
et toute la panoplie, y compris la voiture de sport
le yacht qui trempe modèle Starskyso

dois-je te rappeler James que tout
ce qui brille n'est pas or, ou est-ce si
difficile pour ta comprenette


je ne suis pas blonde alors qu'est-ce qu'il me veut
James Bond, que je lui regonfle son ego
à coup de pompe à bicyclette?
ou que j'écrive peut-être un livre sur les vedettes
je vais ouvrir un magasin de quincaillerie

comme la mère Blondel, à Veules, souviens-toi Pierre
à l'époque les bourgeois n'étaient pas tape-à-l'oeil
ils portaient juste un loden vert, ou encore mieux un blaser
mais ils s'encanaillaient déjà avec les bergères
les temps n'ont pas changé

juste leur allure

1 nov. 2007

masculin/féminin

métrosexuel

il se pommade masculine
il se mode, il s'échine
métronome

cowgirl in the sand


couler

dans les profondeurs de l'Attique
je disperse mes récits
ébats littéraires, état critique
je verse dans le mélo, les récifs
c'est dramatique

assis au bord des larmes
me regardant couler
non il n'a pas bougé

consommation

la mort

plus d'une heure que le chien de ma voisine aboie
dans son jardin, plus d'une heure donc qu'elle est partie
travailler, elle ne reviendra pas avant midi
de temps en temps pour varier, il hurle à la mort, le chien

ses cris déchirants sont les seuls que désormais j'entends
alors que j'hésite entre Shangai et Pékin, voyager
et que j'apprends qu'en Chine on recrute des strip teaseuses
pour attirer aux obsèques un maximum de monde autour du défunt

aujourd'hui c'est Toussaint un chien hurle à la mort
à l'autre bout du monde des filles se déshabillent
le sexe et la mort font bon commerce