le blogue où tout fout le camp et tout revient dans un mouvement permanent entre en finir et recommencer, encore et encore
7 oct. 2007
loin du boulevard des lices
journée de délices où loin de la furie
d'une France qui gagne grâce à des abrutis
je nage dans une eau douce et pure
sous l'oeil complice du soleil mon ami
très banalement ravie
d'une France qui gagne grâce à des abrutis
je nage dans une eau douce et pure
sous l'oeil complice du soleil mon ami
très banalement ravie
il ne sera plus
matin licencieux
où les lignes se touchent
et même se chevauchent
où il me faut reprendre le licou
resserrer les éclisses
le poisson mord à l'esche
ne pas le laisser filer
et même se chevauchent
où il me faut reprendre le licou
resserrer les éclisses
le poisson mord à l'esche
ne pas le laisser filer
6 oct. 2007
matin champagne
où je suis réveillée en pleine cérémonie
de l'enterrement d'un ami
le champagne arrive dans des glacières
et tout le monde se marre
y compris sa veuve
les bulles font des vagues
qui tournent d'écume
la mémoire posthume
de l'enterrement d'un ami
le champagne arrive dans des glacières
et tout le monde se marre
y compris sa veuve
les bulles font des vagues
qui tournent d'écume
la mémoire posthume
5 oct. 2007
la voix de papier
l'écriture est un objet muet
plein des houles affectives
des déchets suspects
soudain la dérive
intérieure la plus absolue
l'être est sans image
disparaît
au profit de l'avoir
évidé d'objet
fermons les fenêtres
gardons les secrets
sur le miroir déformant
ne lève pas le voile
jamais
plein des houles affectives
des déchets suspects
soudain la dérive
intérieure la plus absolue
l'être est sans image
disparaît
au profit de l'avoir
évidé d'objet
fermons les fenêtres
gardons les secrets
sur le miroir déformant
ne lève pas le voile
jamais
peut-on écrire
Peut-on écrire sur des sentiments que l'on n'a pas connus?
voici la question encore congrue
que je ne me pose plus
voici la question encore congrue
que je ne me pose plus
l'être pulmonaire
Il paraît, me confie le marcheur
que le cri que pousse l'enfant
alors qu'il naît est
si douloureux
lorsque le poumon se remplit
qu'il s'en souvient toute sa vie
que le cri que pousse l'enfant
alors qu'il naît est
si douloureux
lorsque le poumon se remplit
qu'il s'en souvient toute sa vie
matin chose
qui hésite entre le gris et le rose
la queue du chat et la gueule du chien
les baskets et les talons hauts
le caviar et la margarine
le Maroc et l'Indochine
et qui finalement opte
pour rester chez lui
la queue du chat et la gueule du chien
les baskets et les talons hauts
le caviar et la margarine
le Maroc et l'Indochine
et qui finalement opte
pour rester chez lui
4 oct. 2007
3 oct. 2007
et moi, et moi et moi
J'entame ici une très narcissique série de photographies de je-moi-je, prises par moi-même grâce au dernier Mac que vient d'installer l'Ami Américain (très beau le dernier Mac).Tandis que je m'amusais comme une gamine à prendre en photo ma trombine, un infirmier psychiatrique est venu, non pas pour m'emmener, non, juste pour composer des affiches électorales pour sa femme candidate aux prochaines municipales. Nous nous sommes entretenus de l'image narcissique, et avons convenu que nous ne nous en débarrassions jamais... Celle de sa femme couvrira bientôt les murs d'Arles...
matin de souffre
où je me couvre la bouche
pour ne pas vomir
ce que pauvre planète respire
du sol chaud montent les sulfates
volutes empoisonnées
pire haleine tu meurs
pyralène tumeur
le Rhône charrie -il exagère
chaque jour il transporte du PCB
jusqu'en Méditerranée
pour ne pas vomir
ce que pauvre planète respire
du sol chaud montent les sulfates
volutes empoisonnées
pire haleine tu meurs
pyralène tumeur
le Rhône charrie -il exagère
chaque jour il transporte du PCB
jusqu'en Méditerranée
2 oct. 2007
je voudrais être cardeuse en filoselle
ou aussi peigner, façonner la laine
couper le poil de castor
ou encore être tisseuse de cadis
de chanvre, de lin ou de soie
être tailleuse d'habits, moulinière
rien que pour l'amour des mots
faire de la haute couture
une écriture
couper le poil de castor
ou encore être tisseuse de cadis
de chanvre, de lin ou de soie
être tailleuse d'habits, moulinière
rien que pour l'amour des mots
faire de la haute couture
une écriture
entre les mains d'un oiseau
du supplice je m'écharpe en bonheur
à l'arrière de la saison éthérée
je nage en soleil doux
clapotis de la mer les blandices
complice de mes ébats mon chien
pêche dans le sable un poisson
je retrouve soudain ma raison
d'être
sirène entre les mains d'un oiseau
à l'arrière de la saison éthérée
je nage en soleil doux
clapotis de la mer les blandices
complice de mes ébats mon chien
pêche dans le sable un poisson
je retrouve soudain ma raison
d'être
sirène entre les mains d'un oiseau
matin marteau
du voisin qui termine ses travaux
bruyant et guttural, c'est chez lui culturel
matin de vol d'hirondelle où je récupère
mes ailes et mes plumes, où j'enterre l'enclume
je ne vais plus au cimetière qu'avec des fleurs
que je dépose en chemin, suivant un papillon soudain
je reprends mes bains de mer, mes biens sur terre
et je retourne à mes amours, passagère
clandestine dans ses gants de velours
je m'en vais faire un tour
je fus arlésienne, encore, hier
dans la nuit traverser le pont
pour rejoindre Rousseau
ses rêveries solitaires
entre Charonne et Ménilmontant
il n'y a plus de fleurs des champs
bruyant et guttural, c'est chez lui culturel
matin de vol d'hirondelle où je récupère
mes ailes et mes plumes, où j'enterre l'enclume
je ne vais plus au cimetière qu'avec des fleurs
que je dépose en chemin, suivant un papillon soudain
je reprends mes bains de mer, mes biens sur terre
et je retourne à mes amours, passagère
clandestine dans ses gants de velours
je m'en vais faire un tour
je fus arlésienne, encore, hier
dans la nuit traverser le pont
pour rejoindre Rousseau
ses rêveries solitaires
entre Charonne et Ménilmontant
il n'y a plus de fleurs des champs
1 oct. 2007
matin studieux
où je reprends mes notes et le cours de la vie
où j'écris en sacrifiant les virgules
alors qu'il me semble que le crépuscule
est définitivement tombé sur neuf années
de la vie d'un homme que j'ai aimé
pour ce qu'il représentait
un homme mort en deux temps
son corps d'abord, son âme ensuite
et dont il ne reste rien
que des traces écrites, imagées et sonores
c'est à dire tout
où j'écris en sacrifiant les virgules
alors qu'il me semble que le crépuscule
est définitivement tombé sur neuf années
de la vie d'un homme que j'ai aimé
pour ce qu'il représentait
un homme mort en deux temps
son corps d'abord, son âme ensuite
et dont il ne reste rien
que des traces écrites, imagées et sonores
c'est à dire tout
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