c'est dans le calme des bords du Rhône
que je reprends mes esprits
marchant avec mon chien
presque main dans la main
je tiens à la vie, cette chienne de vie
qui pourtant m'en fait voir des vertes
et des pas mûres, d'amour en déconfiture
de tragédies en éclaboussures
j'en ai même oublié de cueillir des mûres
excusez-moi de pour une fois
vous infliger ma désinvolture
lors d'une promenade en mer
je croisais sur une bouée
une mouette endimanchée
la solitude confère à l'homme
toute la lumière
dont il se protège
dans ce monde à l'envers
les jumelles ont la tête à l'endroit
avec un oeil sur le côté
notez la différence
entre
le fille et le garçon
ça fait du bien quand ça s'arrête
je me découpe
en pointillés blancs
sur fond bleu, ciel
imagerie médicale
de mon coeur en escale
à l'aube j'atterris
d'un trop court vol de nuit
en remontant dans le temps
avant de retrouver le plancher des vaches
à l'allure d'un taxi newyorkais
sur le sol marseillais
dès l'aéroport, j'ai senti le choc
ce n'était pourtant pas la première fois
que je venais à Nougayork
au loin, Manhattan disparaît
sur la ligne d'horizon un frisson
je reviendrai
NY penche quand je pars
je me déhanche pour un dernier regard
sur le Chrysler Building, ses étoiles
une des dernières images
avant de partir
de la ville de mes désirs
sucrés, ses escaliers
On peut faire dire ce que l'on veut à l'écriture. Dans cette grande cheminée où partent en fumée rêves et réalité, alors que j'aimerais tant les retenir, et surtout les unir. Dans cette distance entre le corps et l'esprit, un fourre-tout sans limites, que je voudrais saisir. Non pas pour l'emprisonner, mais pour le transcender.
c'est un premier signal de détresse
aux réseaux sans fils
sources de mes maux de tête
je préfère la bête stationnée
les school bus
prêts à démarrer
en tenue d'été
New York condensé
en quelques images
c'est dommage
je m'assure que tout est bien là
dans la ville de mes émois
les réservoirs sur les toits
il lui faut bien 2 F à la dame
qui danse dans la matin
pour faire passer les voitures
une à une
c'est tout ce que j'ai trouvé aujourd'hui
pour lui souffler dans les bougies
le gato assis c'est lui
le gato bleu c'est moi
et derrière un gros caca
ça s'appelle un goût de cabinet d'aisances
jour détaché
où je reprends à mon compte
les mots de Chateaubriand
et j'en ai des wagons d'histoires
au fond de mes poches
si je cherche bien
à te raconter, demain
et l'Amérique s'endort
sur le mot "energy"
sans avoir encore trouvé
un remède à la mort
le rêve américain se concrétise
dans l'image que je veux floue
de Macy's
le grand mall où la devise
est sous contrôle
de la consommation
tous les échantillons
de la bêtise
des griffes au bout des mains
la vulgarité prend l'air
des femmes sans lendemain
il y a une fenêtre
au fond de la piscine
j'atteins l'objectif quand
je franchis la ligne bleue
et quand tu déposes
cher Wagner, un baiser
sur chacune de mes paupières
je vois "ça"
un seul drapeau ne suffit plus
pour affirmer l'identité
d'un peuple mal armé
parce qu'il n'en a plus
seul dans un café
de Binghampton assis
lecture pour compagnie