30 nov. 2007

tremblements

sur l'île volcanique vers laquelle je devais m'envoler prochainement
la terre hier a tremblé
je n'ai pas de nouvelles des hauteurs de Fort de France
alors qu'une heure avant le tremblement j'avais au bout du fil
l'homme précieux chez qui je dois aller
il me parlait encore de la douceur du temps

depuis les communications sont coupées
on parle d'un séisme de magnitude 7,3
d'immeubles effondrés, de peur

l'île est toujours en proie à la peur
depuis que Saint Pierre la belle capitale
a subi en 1902 les foudres du volcan en irruption
la Montagne Pelée s'était alors révoltée
anéantissant une partie de l'île
30 000 habitants morts instantanément
le Petit Paris était recouvert de cendres

en août dernier c'était Dean qui s'était manifesté
un cyclone de plus sur l'île qui y est habituée
mon ami m'avait dit qu'il n'y avait plus de bananiers
et que devant chez lui la vue était dégagée
sur la grande baie, plaie béante
donnant sur la mer

la Martinique, je l'aime, non pas pour ses plages de cocotiers
même si j'aime me baigner en plein hiver dans des eaux chaudes et claires
je l'aime pour ses habitants, pas les Blancs
je ne connais là-bas que des Noirs
qui m'ont accueillie comme une princesse

j'ai travaillé avec le Parc naturel Régional de la Martinique
dans un cadre idyllique avec des gens parfois bordéliques
mais infiniment généreux, comme la nature

les Martiniquais connaissent bien ce qu'elle peut donner
et reprendre
ils connaissent bien les deux côtés de la médaille
ils connaissent bien le bien et le mal
celui qui leur a été fait pendant tant d'années
par les Blancs puis les békés descendant des premiers colons
la plupart d'entre eux voudraient aujourd'hui oublier l'histoire
tourner la page
d'autres enragent toujours, se révoltent
contre l'injustice contre laquelle on ne peut pas lutter

comme la nature encore une fois